DÉTAILS DU PROGRAMME
Mercredi 17 juin 2026
Le thème d’aujourd’hui, l’élagage, met l’accent sur la rationalisation des tensions sectorielles, la recherche de points de collaboration et l’identification des possibilités d’alignement qui renforcent nos systèmes alimentaires.
Rejoignez-nous pour réfléchir, affiner nos efforts et faire de la place pour une nouvelle croissance.
Plénière - Tensions et défis des systèmes alimentaires et comment travailler ensemble
Plus d’informations à venir
Expérience d'apprentissage - Ferme communautaire de Rama (hors site)
Venez visiter la serre, le nouveau bâtiment agricole et les champs pour voir comment les produits frais contribuent à la sécurité alimentaire de la communauté. Notre ferme communautaire (https://www.ramacommunityfarm.com/) est détenue et exploitée par la Première nation des Chippewas de Rama, une communauté fière et progressiste qui s’est engagée à nourrir ses membres et ses voisins dans toute la région des lacs. La visite comprendra un exposé sur l’histoire de l’agriculture à Rama, couvrant les périodes précoloniale et coloniale et son importance aujourd’hui. Veuillez noter qu’il s’agit d’une ferme en activité. Portez des vêtements qui peuvent se salir et des chaussures solides et appropriées, car vous serez peut-être invité à participer à des activités légères telles que le désherbage. Le nombre de places est limité ; les visiteurs qui ont besoin d’une place assise pour des raisons d’accessibilité sont invités à l’indiquer sur le formulaire d’inscription. La session comprendra une période de questions. Elle est ouverte aux praticiens, chercheurs, étudiants, décideurs politiques et autres personnes intéressées par la sécurité alimentaire, les systèmes alimentaires et l’équité communautaire.
Panel (CG) - Les gens et la terre : De la financiarisation aux alternatives foncières
La consolidation des exploitations agricoles, la concentration des terres agricoles et la financiarisation sont en hausse au Canada, ce qui entraîne une croissance accrue de l’agriculture à grande échelle non durable à un moment où il est crucial d’atteindre des émissions nettes nulles dans l’agriculture. Les jeunes agriculteurs et les nouveaux venus dans l’agriculture sont à la tête d’une transition agroécologique dans la production alimentaire, mais ils ont du mal à obtenir la sécurité d’occupation des terres agricoles. Cette tension met en évidence le fait que la façon dont nous nous relions les uns aux autres par l’intermédiaire de la terre détermine qui peut décider de la façon dont la nourriture est produite. Pour parvenir à la souveraineté alimentaire et à une production alimentaire nette zéro, il faut donc examiner de près la manière dont les terres sont distribuées, qui y a accès et dans quelles conditions. Les terres agricoles détenues à des fins d’investissement donnent lieu à des pratiques d’utilisation des terres radicalement différentes de celles des communautés qui gèrent les terres pour assurer la sécurité alimentaire locale. La question de la propriété foncière est également un facteur essentiel pour réparer les injustices passées et présentes. Cette table ronde s’appuie sur l’expertise de chercheurs universitaires et communautaires pour discuter des conditions politico-économiques actuelles qui engendrent l’insécurité foncière et tirent des leçons de l’agriculture dans les communautés autochtones éloignées, des modèles alternatifs de propriété foncière et des initiatives de partage des terres à travers le Canada. Cette discussion offre une évaluation critique des possibilités émergentes de réforme foncière menée par les communautés et de nouvelles relations foncières, alors que nous nous organisons pour la souveraineté alimentaire, la durabilité, l’équité et la justice.
Présentations - How we land : Les jardiniers racialisés négociant les identités des colons et les responsabilités liées aux traités
Martha Stiegman, Melina Ghasem-Asad, Anna Hao Long
Travailler pour la justice alimentaire sur l’île de la Tortue implique nécessairement d’affronter le colonialisme de peuplement, la dépossession des peuples autochtones de leurs terres ancestrales, et de soutenir leurs affirmations continues de juridiction à travers les mouvements de souveraineté alimentaire autochtones. Ce travail d’alliance prend de nombreuses formes, depuis l’apprentissage des responsabilités liées aux traités jusqu’au soutien direct des efforts de restitution des terres. Il implique également de s’inspirer des traditions juridiques et des systèmes de connaissances autochtones sur la manière de vivre dans de bonnes relations avec le monde plus qu’humain, ou « toutes nos relations ». La plupart des études sur les traités s’appuient sur un binaire colons blancs/autochtones considéré comme allant de soi. Mais les Noirs et les personnes de couleur dont la participation à la société canadienne est médiatisée par la suprématie blanche, ont des relations uniques avec les traités négociés par la Couronne britannique – beaucoup d’entre eux ont une expérience directe du colonialisme européen dans leur propre contexte. Pour de nombreux jardiniers racialisés, assumer les responsabilités liées aux traités implique de se tourner vers leurs propres traditions pour trouver des moyens culturellement fondés de contester l’instrumentalisation capitaliste occidentale de la nature et d’établir des relations d’alliance avec les peuples indigènes. Retour à la grille des programmes
Panel - Le bon, le mauvais et le laid des collaborations complexes : Réflexion sur les défis et les opportunités des partenariats internationaux, interdisciplinaires et communautaires
Erin Nelson, Baran Karsak, Natalia Ruiz, Chi Vi, Allison Young
Dans ce panel, un groupe de recherche sur les systèmes alimentaires basé dans le département de sociologie et d’anthropologie de l’Université de Guelph partagera ses connaissances sur de multiples projets collaboratifs complexes impliquant des universitaires et des partenaires communautaires. Nous nous concentrerons sur les projets qui comprennent une combinaison d’éléments internationaux, interculturels et/ou interdisciplinaires, en particulier : La recherche sur la santé des sols financée par le MAAARO en Ontario ; la recherche financée par le CRDI sur l’avancement de l’équité entre les sexes dans les sciences agricoles à Cuba et dans toute l’Amérique latine ; la recherche financée par le CRSNG sur le soutien au développement de systèmes alimentaires durables dans les Territoires du Nord-Ouest du Canada ; la recherche financée par le CRSH sur les transitions agroécologiques au Mexique ; et la recherche d’étudiants diplômés qui adopte une perspective One Health sur l’agriculture écologique.
Notre objectif est de discuter de l’impact que ces collaborations peuvent avoir et d’avoir une conversation honnête sur la façon dont elles peuvent parfois ne pas répondre à leurs aspirations et sur les raisons pour lesquelles elles ne le font pas. Nous réfléchirons notamment aux questions suivantes Qu’est-ce qui est nécessaire pour que la collaboration entre les sciences sociales et naturelles soit efficace ? Comment les travaux financés et administrés par les agences et institutions canadiennes peuvent-ils soutenir les principes et pratiques décoloniaux ? Que faisons-nous lorsque les relations qui sous-tendent les collaborations complexes se heurtent à des obstacles ou s’effondrent ? Nous aborderons également la question de longue date de l’équilibre entre les priorités parfois divergentes de la recherche et de la pratique. Tout au long du panel, nous mettrons en évidence les façons particulières dont les défis et les opportunités des collaborations complexes se manifestent pour les étudiants diplômés et les jeunes chercheurs engagés dans des approches décoloniales, transformatives et participatives de la recherche.
Présentations - Systèmes alimentaires sur les campus
Initiatives alimentaires sur les campus : Résultats d’un projet de recherche national
Michael Jodah
Les initiatives alimentaires gérées par les étudiants sur les campus sont devenues des lieux essentiels d’engagement communautaire, de développement de la culture alimentaire et de transformation du système alimentaire local au sein des établissements d’enseignement postsecondaire. Cet article présente les résultats d’un projet de recherche national qui examine la portée, la structure et l’impact des initiatives alimentaires gérées par les étudiants sur les campus à travers le Canada, en mettant l’accent sur les jardins communautaires, les marchés de producteurs, les cafés et les centres alimentaires. S’appuyant sur des méthodes mixtes, notamment des enquêtes et des entretiens, la recherche analyse les modèles organisationnels, les mécanismes de financement, les structures de gouvernance et les résultats dans divers contextes géographiques et institutionnels. Les résultats indiquent que les initiatives alimentaires gérées par les étudiants sur les campus jouent un rôle multifonctionnel : elles améliorent la sécurité alimentaire, favorisent l’apprentissage par l’expérience, renforcent les partenariats entre le campus et la communauté et font progresser les objectifs de durabilité. Ces initiatives contribuent à l’acquisition d’une culture alimentaire fondée sur le lieu et à l’approvisionnement en denrées alimentaires locales, tout en jouant un rôle de plus en plus central dans la lutte contre l’insécurité alimentaire des étudiants grâce à des modèles d’accès à faibles barrières et à des prestations de services fondées sur la dignité.
Malgré les avantages sociaux, éducatifs et environnementaux démontrés, les initiatives sont confrontées à des défis persistants liés à la précarité du financement, à l’obtention d’espaces à long terme, à l’épuisement des bénévoles et à l’intégration institutionnelle limitée. L’étude identifie les conditions favorables à la viabilité à long terme, notamment la reconnaissance institutionnelle formelle, la diversification des sources de revenus, les mécanismes de continuité du leadership étudiant et l’alignement sur les stratégies de durabilité et d’équité du campus. En cartographiant le paysage contemporain des initiatives alimentaires gérées par les étudiants au Canada, cette recherche contribue à l’étude des systèmes alimentaires et offre des perspectives pertinentes en matière de politiques pour les dirigeants institutionnels qui cherchent à renforcer les environnements alimentaires équitables et résilients sur les campus.
Quel est le niveau de sécurité alimentaire de nos étudiants ? Des données actualisées pour éclairer l’action des campus
Yukari Seko
L’insécurité alimentaire chez les étudiants de l’enseignement postsecondaire reste un problème de santé publique persistant au Canada et dans le monde. Au sein de cette population, l’insécurité alimentaire est fortement associée à des carences nutritionnelles, à un stress accru, à des problèmes comportementaux et émotionnels, ainsi qu’à de moins bons résultats scolaires. Une étude canadienne multicampus réalisée en 2015 a révélé que 39 % des étudiants de l’Université métropolitaine de Toronto (TMU ; Université Ryerson à l’époque) souffraient d’une insécurité alimentaire modérée ou grave. Cependant, aucune autre étude n’a été publiée au cours de la dernière décennie, malgré les changements substantiels survenus dans le contexte postsecondaire, tels que l’augmentation du coût de la vie et les pressions financières post-pandémiques.
Nous avons effectué une analyse secondaire des données de 2024 de l’Évaluation nationale de la santé dans les collèges (ENSC ; n=1255) et de l’Enquête sur le bien-être dans les campus canadiens (ESCC ; n=920) remplies par les étudiants de l’Université de Toronto (UTM). Les objectifs de l’étude étaient les suivants 1) évaluer la prévalence actuelle de la sécurité alimentaire chez les étudiants de la TMU ; et 2) identifier les facteurs démographiques et contextuels associés à l’insécurité alimentaire. Dans les deux enquêtes, la sécurité alimentaire a été mesurée à l’aide du formulaire abrégé de 6 questions du module d’enquête sur la sécurité alimentaire des ménages (HFSSM). Des modèles de régression logistique multivariables ont été ajustés à chaque ensemble de données pour estimer les associations entre les caractéristiques des étudiants et la probabilité de connaître l’insécurité alimentaire.
Dans l’ensemble, 34,4 % des étudiants ont connu un certain degré d’insécurité alimentaire sur une période de 12 mois. En utilisant une période de référence de 30 jours, la NCHA a montré que la prévalence de l’insécurité alimentaire atteignait 51,5 % en septembre-octobre. Le stress financier, la pression financière liée aux obligations professionnelles et le fait de ne pas vivre avec ses parents ou ses tuteurs étaient significativement associés à l’insécurité alimentaire. Ces résultats indiquent que l’insécurité alimentaire reste répandue parmi les étudiants de l’UTM et qu’elle peut être particulièrement grave au début de l’année universitaire. En réponse, nous soulignons l’importance d’interventions coordonnées sur le campus et présentons les efforts émergents qui tirent parti de l’expertise des étudiants et des partenariats avec les parties prenantes de la communauté pour lutter contre l’insécurité alimentaire à l’UTM.
Nous avons effectué une analyse secondaire des données de 2024 de l’Évaluation nationale de la santé dans les collèges (ENSC ; n=1255) et de l’Enquête sur le bien-être dans les campus canadiens (ESCC ; n=920) remplies par les étudiants de l’Université de Toronto (UTM). Les objectifs de l’étude étaient les suivants 1) évaluer la prévalence actuelle de la sécurité alimentaire chez les étudiants de la TMU ; et 2) identifier les facteurs démographiques et contextuels associés à l’insécurité alimentaire. Dans les deux enquêtes, la sécurité alimentaire a été mesurée à l’aide du formulaire abrégé de 6 questions du module d’enquête sur la sécurité alimentaire des ménages (HFSSM). Des modèles de régression logistique multivariables ont été ajustés à chaque ensemble de données pour estimer les associations entre les caractéristiques des étudiants et la probabilité de connaître l’insécurité alimentaire.
Dans l’ensemble, 34,4 % des étudiants ont connu un certain degré d’insécurité alimentaire sur une période de 12 mois. En utilisant une période de référence de 30 jours, la NCHA a montré que la prévalence de l’insécurité alimentaire atteignait 51,5 % en septembre-octobre. Le stress financier, la pression financière liée aux obligations professionnelles et le fait de ne pas vivre avec ses parents ou ses tuteurs étaient significativement associés à l’insécurité alimentaire. Ces résultats indiquent que l’insécurité alimentaire reste répandue parmi les étudiants de l’UTM et qu’elle peut être particulièrement grave au début de l’année universitaire. En réponse, nous soulignons l’importance d’interventions coordonnées sur le campus et présentons les efforts émergents qui tirent parti de l’expertise des étudiants et des partenariats avec les parties prenantes de la communauté pour lutter contre l’insécurité alimentaire à l’UTM.
Alimentation, finances et paysage alimentaire du campus : Le point de vue des étudiants de premier et de deuxième cycle
Sara Clarke
Sur les campus postsecondaires canadiens, l’acte quotidien de trouver de la nourriture enseigne aux étudiants des notions de socio-économie, d’appartenance et de valeur. En m’appuyant sur une étude de cas à méthodes mixtes menée dans une grande université à forte intensité de recherche, j’explore la façon dont les étudiants de premier et de deuxième cycle perçoivent et naviguent dans leur paysage alimentaire sur le campus. Une enquête menée sur l’ensemble du campus et des entretiens semi-structurés révèlent que ces groupes vivent leur paysage alimentaire de manière très différente, en fonction de l’offre alimentaire de l’établissement, des règles du plan de repas et de l’accès différencié aux espaces du campus. Les étudiants diplômés décrivent régulièrement l’accès à des salons dotés de cuisines et les invitations à des événements organisés par le personnel et la faculté qui incluent de la nourriture, tandis que les étudiants de premier cycle dépendent davantage des points de vente officiels destinés aux étudiants, perçus comme plus chers ou mal alignés sur les horaires et les préférences des étudiants. Les modèles financiers reflètent ces divergences. Les étudiants de premier cycle sont plus susceptibles de déclarer que leurs parents contribuent aux frais de scolarité et de nourriture, et qu’ils sont plus à même de respecter leur budget. Les étudiants diplômés rassemblent des financements, des assistanats et d’autres revenus, mais déclarent avoir plus de difficultés à respecter leur budget. Dans tous les groupes, les étudiants privilégient les tactiques d’accessibilité, notamment les ventes hebdomadaires et les réductions de prix, par rapport aux attributs d’acceptabilité, ce qui révèle un décalage entre les offres institutionnelles et les expériences budgétaires vécues dans un contexte d’augmentation des coûts et de l’endettement des étudiants.
Encadrés par l’analyse des paysages alimentaires et la théorie des causes fondamentales, les systèmes alimentaires des campus apparaissent comme des espaces pédagogiques informels qui normalisent les hiérarchies et les mérites différentiels. Je conclus par des interventions pratiques et axées sur l’équité, notamment l’accès universel aux équipements de cuisine sur le campus, l’intégration de l’accessibilité financière dans la restauration universitaire et la passation de contrats axés sur la justice participative. Ces mesures permettraient de mieux aligner les paysages alimentaires des campus sur le bien-être des étudiants et contribueraient à des transformations plus larges du système alimentaire.
Cartographie de la sécurité alimentaire sur le campus : Géocartographie de l’accès à l’alimentation locale à l’Université de Trent
Emi Habel
Les soutiens alimentaires sur les campus peuvent exister à la vue de tous – et pourtant être fonctionnellement inaccessibles lorsque les étudiants ne disposent pas de moyens clairs et peu contraignants pour les localiser et s’y orienter. Cet exposé présente une approche pratique et reproductible visant à renforcer la sécurité alimentaire sur les campus grâce à la géocartographie, à la connaissance des localités et à la conception d’un système d’orientation accessible. S’inspirant d’un projet de placement mené par des étudiants à l’Université de Trent, développé en partenariat avec les Trent Vegetable Gardens (TVG) et le Seasoned Spoon Café, je présente une nouvelle carte alimentaire du campus Symons comme une étude de cas d’infrastructure visuelle pour l’accès à l’alimentation. Alors que les cartes alimentaires existantes privilégient souvent l’exhaustivité, elles peuvent involontairement créer des obstacles en raison de leur complexité visuelle et de la surcharge cognitive qu’elles entraînent.
En réponse, ce projet réoriente la cartographie vers la facilité d’utilisation et l’accès. La nouvelle carte est guidée par trois principes fondamentaux : (1) une perspective aérienne du campus pour favoriser une orientation spatiale intuitive, (2) un texte minimal à fort impact pour améliorer l’accessibilité et réduire la surcharge, et (3) des points de repère clairement marqués avec des points de référence numérotés qui relient directement les utilisateurs à des initiatives alimentaires spécifiques. Grâce à l’imagerie aérienne et à la cartographie du campus, la carte retrace les itinéraires et les sites clés tout en préservant la clarté visuelle.
Le projet final met en évidence dix lieux liés à l’alimentation, dont des jardins communautaires, des cuisines, un garde-manger, un rucher et un jardin maraîcher. En présentant la connaissance des lieux comme un problème d’accès plutôt que comme une simple question d’éducation, ce travail positionne la cartographie comme une forme d’intervention. Il démontre comment des outils visuels bien conçus peuvent réduire les obstacles à l’engagement, accroître la sensibilisation aux systèmes alimentaires des campus et favoriser un accès plus digne et autonome aux ressources alimentaires. Cette approche offre un modèle évolutif pour les campus qui cherchent à renforcer la sécurité alimentaire par le biais d’une conception peu coûteuse et menée par les étudiants.
Planification stratégique de l'EFC - De la réflexion à l'action : Faire progresser les priorités stratégiques de l'EFC par la délibération collective
Diana Chu, Dr. Erik Chevrier, Finn Meyer Cook, Alexandra Otis
Cette session interactive vise à renforcer l’orientation stratégique de l’Association canadienne des études sur l’alimentation (CAFS) tout en approfondissant les liens entre les études alimentaires, les systèmes alimentaires et les communautés de justice alimentaire du Canada. S’appuyant sur l’évaluation de l’état actuel de l’ACEA au printemps 2026, l’atelier vise à rassembler des chercheurs, des praticiens, des activistes, des agriculteurs, des pêcheurs, des détenteurs de droits autochtones, des étudiants, des praticiens de l’alimentation communautaire, des participants engagés dans les politiques et d’autres personnes. Ensemble, les participants se pencheront sur les idées clés issues des enquêtes auprès des membres, des entretiens et d’un récent « world café », et contribueront à un processus d’élaboration de sens partagé. L’accent est mis sur la mise en évidence des priorités communes, sur l’identification des tensions qui requièrent une attention particulière et sur l’élaboration d’orientations concrètes susceptibles d’éclairer les actions, les collaborations, les recherches et les engagements potentiels à venir. Par le biais de discussions en petits groupes, les participants exploreront des thèmes clés basés sur l’expérience vécue, tout en discutant de questions pratiques sur la faisabilité et sur ce qui peut être mis en œuvre de manière significative dans le travail sur les systèmes alimentaires dans le monde réel. Les membres de l’ACSA, du Réseau terrain d’entente, de Sécurité alimentaire Canada et du Réseau Communautés Nourricières sont invités à participer à cette session.
Atelier - Les sens et la création de sens : Documenter les souvenirs culinaires grâce à une méthode participative basée sur l'art
Jingshu Yao
L’atelier explorera la recherche basée sur l’art (ABR) et les méthodes participatives pour capturer les souvenirs sensoriels afin de raconter des histoires sur la nourriture. Ces méthodes sont issues de mes précédents projets de recherche « North York Recipes for Healing » (2023) et « Leftover Ingredients » (2025), qui se concentrent sur le patrimoine alimentaire des communautés immigrées de Toronto. L’atelier invite les universitaires, les praticiens et les organisateurs communautaires à explorer les moyens d’engager le public dans des initiatives liées à l’alimentation en donnant la priorité aux souvenirs sensoriels et à la connaissance incarnée.
Panel - Soutenir : L'agriculture urbaine et périurbaine dans le cadre d'un système alimentaire à zéro émission
Sarah Elton, Ryan Isakson, Michael Classens, Aparna Menon, Patrick Harney
L’agriculture urbaine et périurbaine offre la possibilité de réduire les gaz à effet de serre, d’accroître la production alimentaire et d’améliorer l’accès à la nourriture. Les initiatives politiques dans la région du Grand Toronto et du Golden Horseshoe soutiennent cette affirmation, mais notre compréhension de la manière dont les facteurs environnementaux, écologiques, socio-économiques et politiques déterminent le succès ou l’échec de l’agriculture urbaine et périurbaine à travers de multiples indicateurs de durabilité est remarquablement limitée. Nous sommes des chercheurs en sciences sociales qui collaborent avec des universitaires dans divers domaines, ainsi qu’avec des chercheurs de la communauté, sur un projet de recherche transdisciplinaire intitulé TOSustain : Vers une agriculture urbaine et périurbaine durable pour des systèmes alimentaires nets zéro.
Nous étudions les dimensions sociopolitiques de la reterritorialisation des systèmes de production alimentaire dans la région du Grand Toronto et du Golden Horseshoe, y compris la justice alimentaire. Notre panel.. :
1) Élaborer une définition de l’agriculture périurbaine, en soulignant l’histoire et les caractéristiques communes qui distinguent le « périurbain » des espaces urbains, suburbains et ruraux, et les interpréter dans un contexte local (Aden Fisher, doctorant à l’école de santé publique Dalla Lana de l’université de Toronto).
2) Rapport sur nos recherches avec les principaux acteurs du système alimentaire périurbain et urbain sur la façon d’accroître la production de fruits et légumes dans la région du Grand Toronto, notamment grâce à un nouveau modèle de financement qui rémunère les agriculteurs qui choisissent de cultiver des produits dans la région (Sarah Elton, professeur adjoint à l’école de santé publique Dalla Lana de l’Université de Toronto).
3) Explorer les rôles dynamiques et diversifiés joués par les épiciers indépendants et les vendeurs ambulants qui restent invisibles dans les paysages de vente au détail dominés par les supermarchés et les cadres politiques connexes (Aparna Menon, candidate au doctorat, Dalla Lana School of Public Health de l’Université de Toronto).
4) Discuter de la manière dont la pédagogie est déployée en tant que stratégie pour faire avancer les objectifs de justice alimentaire locale par la construction de mouvements, la traduction des politiques et l’engagement dans la gouvernance (Michael Classes, professeur adjoint, École de l’environnement, Université de Toronto).
5) Évaluer de manière critique la façon dont l’économie politique de la terre façonne les stratégies de croissance et le potentiel d’émancipation de l’UPA (Patrick Harney, doctorant en géographie et planification, Université de Toronto (patrick.harney@mail.utoronto.ca) et Ryan Isakson, professeur associé, département de géographie et planification, Université de Toronto (ryan.isakson@utoronto.ca).
Présentations - Perspectives féministes et intersectionnelles
Cultiver l’attention : Les voies de la souveraineté alimentaire urbaine transnationale menées par les femmes Geetha Sukumaran
Ce document de recherche examinera les mobilisations sexospécifiques de la souveraineté alimentaire dans les écologies urbaines intercontinentales de l’inégalité. Les femmes des villes et des villages de tous les continents assument une responsabilité majeure dans l’alimentation des familles et des communautés et sont également les plus touchées par la crise climatique et l’augmentation du coût des denrées alimentaires. En réponse, beaucoup cherchent à reconstruire la souveraineté alimentaire locale et la sécurité nutritionnelle de leurs familles et de leurs communautés par le biais d’efforts de collaboration. L’étude explorera le rôle des réseaux locaux dirigés par des femmes, le collectif Ubuntu à Downsview Park, Toronto, ainsi que The Seed Island à Chennai, dans le sud de l’Inde. Les stratégies de souveraineté alimentaire, notamment les cultures résistantes au climat, la diversification des sources d’alimentation, l’amélioration des réseaux alimentaires locaux et l’amélioration de la santé des sols, permettent aux communautés d’atteindre la sécurité alimentaire tout en surmontant les obstacles structurels. Le collectif Ubuntu, dans le parc Downsview de Toronto, s’attaque à l’insécurité alimentaire urbaine par le biais de programmes d’agriculture soutenue par la communauté, destinés aux ménages noirs et à faibles revenus. À Chennai, Seed Island intervient par le biais du jardinage domestique et de l’alphabétisation alimentaire pour faire face à des défis similaires. Ces deux modèles urbains dirigés par des femmes utilisent l’organisation féministe et les connaissances traditionnelles pour s’attaquer aux barrières raciales, oppressives, fondées sur les castes et le sexe qui entravent l’accès à la sécurité nutritionnelle et aux ressources. Comme ces contextes sont analogues et donc comparables, l’article explore la possibilité d’un cadre comparatif qui relie les initiatives dirigées par des femmes à travers les continents et soutient la formation de réseaux transnationaux qui peuvent faire progresser la souveraineté alimentaire locale.
Minwanjigewin : Vers la durabilité alimentaire chez les Premières Nations des Traités Williams
Teresa Copeland, Kerry Ann Charles
Minwanjigewin (un mot ojibway signifiant « manger quelque chose qui a bon goût et qui est bon pour vous ») est un projet de collaboration avec les communautés des Premières nations des Traités Williams. Nous avons travaillé au sein de la Première nation de Rama pour cartographier les programmes, services et champions existants en matière d’alimentation et de santé dans la communauté, afin de dresser un inventaire des points forts du système alimentaire communautaire. Les avantages comprennent une meilleure compréhension des programmes existants et des possibilités d’améliorer l’accès à la nourriture, de promouvoir une alimentation saine et de revitaliser les pratiques traditionnelles d’acquisition de nourriture, en s’appuyant sur les commentaires de la communauté. En outre, le processus communautaire de cartographie des forces de la communauté et de partage des résultats lors d’un rassemblement a contribué à l’établissement de relations au sein des Premières nations Williams Treaties et entre elles, afin d’éclairer la planification d’un centre alimentaire Williams Treaties. Les effets escomptés à long terme comprennent des mesures visant à renforcer la souveraineté et la sécurité alimentaires des Premières nations signataires des traités Williams.
Des semences aux systèmes : Agroécologie féministe et pratiques relationnelles dans les traditions alimentaires des prairies de l’Ouest
Chelsea Rozanski
Cet article examine la conservation des semences en tant que praxis agraire féministe parmi les agriculteurs régénérateurs de l’Alberta, au Canada. En m’appuyant sur une recherche ethnographique multi-sites – incluant des fermes périurbaines, des entreprises agricoles urbaines et des collectifs de producteurs activistes – j’explore comment la conservation des semences fonctionne comme une voie alimentaire relationnelle qui favorise l’échange de connaissances intergénérationnel, le travail basé sur les soins et l’intendance écologique. Ces pratiques remettent en question les modèles agricoles industriels, extractifs et commercialisés tout en construisant des réseaux de réciprocité et de solidarité entre les communautés humaines et plus qu’humaines. En situant l’agriculture régénérative dans le cadre de l’écologie politique féministe et des études sur la souveraineté alimentaire, je mets en évidence la manière dont les agriculteurs gèrent l’accès à la terre, la répartition du travail et la gouvernance des semences pour maintenir des systèmes alimentaires diversifiés et résilients. Cette étude souligne l’importance sociale et écologique des pratiques relationnelles dans la transformation des systèmes alimentaires et la création d’opportunités équitables de participation. Les idées tirées de ce travail contribuent à des discussions critiques sur la politique alimentaire collaborative, l’intendance communautaire et la culture de systèmes alimentaires justes et basés sur le lieu au Canada.
Application de l’intersectionnalité à la recherche sur les systèmes alimentaires : L‘agriculture urbaine à Quito, Équateur
Laine Young, Alison Blay-Palmer, Alice Hovorka, Sean Doherty, Emma Sharp
La recherche sur les systèmes alimentaires s’intéresse de plus en plus aux questions d’équité, de justice et d’inclusion. Les cadres analytiques capables d’examiner comment les relations de pouvoir multiples et croisées façonnent les expériences et les résultats des systèmes alimentaires peuvent ajouter de la complexité à ces analyses. L’intersectionnalité offre une approche prometteuse mais reste sous-utilisée dans la recherche sur les systèmes alimentaires. Cette présentation fait progresser l’intersectionnalité en tant que cadre conceptuel et méthodologique pour la recherche sur les systèmes alimentaires, en utilisant l’agriculture urbaine à Quito, en Équateur, comme étude de cas. La recherche s’appuie sur une analyse qualitative d’AGRUPAR, un programme d’agriculture urbaine participatif dirigé par la municipalité de Quito et reconnu internationalement pour promouvoir l’autonomisation des femmes, l’agroécologie, les savoirs traditionnels et les moyens de subsistance parmi les populations en situation de pauvreté structurelle. L’intersectionnalité est mobilisée pour examiner comment la participation au système alimentaire est façonnée par l’intersection de lieux sociaux, d’identités et de systèmes d’oppression, et met en évidence la façon dont les relations de pouvoir peuvent être occultées dans la recherche traditionnelle sur l’agriculture urbaine. Le cadre analytique opérationnalise l’intersectionnalité à travers une lentille multi-niveaux attentive au pouvoir, à la diversité des savoirs, à l’intersection des catégories sociales, à la réflexivité, au temps et à l’espace, à la résistance, à la résilience et à la justice sociale. S’appuyant sur des entretiens approfondis avec les participants au programme ainsi que sur l’analyse de la politique municipale, cette étude de cas met l’accent sur les expériences vécues pour révéler comment l’agriculture urbaine fonctionne non seulement comme une stratégie de sécurité alimentaire et de subsistance, mais aussi comme un site de production de connaissances, de gouvernance et d’action politique au sein du système alimentaire de Quito. L’étude de cas montre comment l’analyse intersectionnelle permet une compréhension plus holistique des systèmes alimentaires et comment elle pourrait être développée dans de futures recherches.
Atelier - Explorer un modèle de section locale pour les EFC : construire des communautés de systèmes alimentaires basées sur le lieu de vie
Amanda Shankland, Diana Chu, Alissa Overend
En tant qu’association interdisciplinaire engagée à faire progresser la recherche, l’enseignement et l’engagement public sur les questions liées aux systèmes alimentaires, l’ACEA est particulièrement bien placée pour rassembler les chercheurs, les praticiens et les partenaires communautaires. Les récentes activités de planification stratégique, y compris les enquêtes auprès des membres et les discussions lors du congrès de l’ACEA de l’année dernière, ont mis en évidence un fort désir d’avoir des occasions plus régulières, basées sur le lieu, d’établir des liens au-delà du congrès annuel.
En réponse, cet atelier invite les participants à explorer le potentiel d’un modèle de section locale pour renforcer l’engagement des membres, accroître la visibilité et favoriser la collaboration entre les divers acteurs des systèmes alimentaires. Animé par Diana Chu et Amanda Shankland, co-organisatrices de la section locale de la région du Grand Toronto (GTA), et par Alissa Overend, organisatrice de la section locale d’Edmonton, l’atelier créera un espace immersif permettant aux participants d’explorer ce qu’ils aimeraient vivre dans le cadre de ces événements de section locale. En s’appuyant sur les résultats préliminaires du processus de planification stratégique, sur des conversations informelles avec les membres et sur deux programmes pilotes en cours de développement dans la région du Grand Toronto et à Edmonton, la session explorera ce à quoi pourrait ressembler l’engagement des sections locales et comment ces événements peuvent faire progresser les valeurs et les objectifs plus larges de l’ACEA.
Les participants seront invités à réfléchir à des questions clés, notamment : Quels types d’expériences souhaiteriez-vous vivre en assistant à ce type d’événements ? Quels sont les objectifs des sections locales ? Quels principes devraient guider les initiatives locales et spécifiques au contexte ? Comment les événements et les initiatives peuvent-ils être inclusifs et axés sur la justice ? Comment mesurer le succès et quel rôle le conseil d’administration pourrait-il jouer pour soutenir les efforts pilotes ? Par le biais d’une expérience immersive et d’une discussion animée, l’atelier vise à recueillir les commentaires d’un large éventail de membres de l’ACSA, du Réseau terrain d’entente, de Sécurité alimentaire Canada et du Réseau Communautés Nourricières, y compris des universitaires, des étudiants et des praticiens non universitaires des systèmes alimentaires. Les résultats comprendront une articulation plus claire des objectifs partagés, des voies pilotes potentielles et des prochaines étapes pour faire progresser un modèle de section locale qui est réactif, inclusif et durable. En fin de compte, l’atelier vise à renforcer le rôle de l’ACSA par le biais de réseaux locaux, dirigés par la communauté et fonctionnant tout au long de l’année.
Présentations - Programmes communautaires : Défis et opportunités
Pourquoi notre travail continue de se briser : Naviguer dans la triade rapide/stable/dense dans les organisations de systèmes alimentaires
Matt Johnstone
Les organisations du secteur alimentaire axées sur la justice sont plus sollicitées que jamais, souvent dans des conditions d’urgence, de pénurie et de profonde responsabilité morale. Pourtant, même lorsque les valeurs sont claires et que les dirigeants sont compétents, ce travail se brise régulièrement : épuisement professionnel, tensions dans la gouvernance, effondrement du programme. Les modèles de gestion conventionnels traitent ces situations comme des échecs d’exécution. Le cadre Fast/Stable/Dense (FSD) suggère qu’il s’agit de résultats prévisibles de tensions structurelles non résolues.
Le modèle FSD est un cadre de gestion alternatif qui identifie trois forces d’orientation du système – Rapide (réactivité), Stable (fiabilité) et Dense (complexité fondée sur des valeurs) – qui façonnent les contraintes opérationnelles d’une organisation et qui peuvent soutenir une tension générative. Par exemple, contrairement aux cadres de gestion axés sur l’efficacité qui traitent la complexité comme une friction, la FSD reconnaît la densité comme une caractéristique nécessaire du travail de justice, reflétant des obligations qui se chevauchent, y compris des engagements fondés sur des valeurs telles que l’équité et l’expérience vécue. Si la densité génère de la légitimité et de l’impact, elle introduit également des coûts structurels qui doivent être gérés intentionnellement.
Les organisations ne peuvent optimiser de manière fiable que deux forces simultanément, et lorsqu’elles y parviennent, la tension qui en résulte est productive. Mais la troisième force non optimisée, appelée l’ombre, s’accumule comme une dette qui doit finalement être payée.
Croissance (rapide/stable) : élan contrôlé ; ombre : alignement des valeurs peu profond
Plateau (stable/dense) : Systèmes complexes consolidés ; ombre : ralentissement opérationnel
Échelle (rapide/dense) : Expansion rapide des missions ; ombre : systèmes inadéquats
Cet exposé présentera la FSD comme une discipline stratégique pour la prise de décision. Nous examinerons les pièges, les modes d’échec prévisibles et systémiques tels que le « décrochage » ou la « décadence » qui se produisent lorsque les compromis restent implicites, et nous définirons la densité, non pas comme une friction à éviter, mais comme une caractéristique nécessaire du travail. En faisant apparaître ces tensions, la DSF offre aux praticiens des systèmes alimentaires un moyen d’identifier explicitement les compromis, en leur donnant la permission de faire des choix stratégiques sur le rythme et la durabilité qui sont alignés à la fois sur la mission et sur les relations sociales complexes qu’exige la transformation des systèmes alimentaires.
Intégrer des programmes alimentaires communautaires dans les logements : Tirer les leçons des expériences d’Ottawa et de Toronto
Arianna Fuke
Malgré la persistance de l’insécurité alimentaire dans les villes du Canada, l’accès à la nourriture reste une dimension sous-estimée des résultats sociaux liés au logement. L’absence de l’alimentation dans la politique et la planification du logement signifie un écart entre l’accès à l’alimentation et les réalités économiques vécues par de nombreux locataires. Cette recherche s’interroge sur le rôle que pourrait jouer l’intégration de programmes alimentaires communautaires (PAC) directement dans l’infrastructure des ensembles immobiliers, afin de renforcer l’accès à l’alimentation et de répondre à l’expérience de la précarité urbaine des locataires. Les programmes alimentaires communautaires peuvent prendre la forme de jardins communautaires, de programmes de distribution, de cuisines communautaires, etc. L’intégration de ces stratégies sur place offre une occasion unique de centrer l’accès à l’alimentation dans les logements, en particulier à mesure que la stratégie du gouvernement fédéral en matière de logement continue d’évoluer et que les municipalités et les promoteurs réagissent à leur tour. Pour comprendre les implications et la faisabilité des PCA sur place, j’examine des exemples à Ottawa et à Toronto. Les résultats qualitatifs proviennent d’entretiens avec des employés de promoteurs de logements privés et sans but lucratif, ainsi qu’avec des locataires participant à des AP sur place. Une analyse documentaire des orientations stratégiques des promoteurs et des municipalités donne également un contexte à la façon dont l’alimentation est conceptualisée dans la planification et la politique du logement. Les résultats confirment que les AP (sur place ou non) ne sont pas une solution complète à l’insécurité alimentaire ou à la précarité économique. Cependant, les résultats révèlent également que les programmes alimentaires intégrés peuvent constituer une solution de secours importante pour les résidents, ainsi qu’un moyen d’établir des liens avec la communauté et de renforcer les capacités. Pour les promoteurs, l’intégration de PFC sur le site peut constituer une valeur ajoutée, du point de vue du marketing et du renforcement de la communauté, mais cette intégration peut s’accompagner d’une myriade d’obstacles logistiques et de pressions financières. Une prise de conscience accrue des avantages et des tensions liés aux PFC sur place pourrait permettre d’intégrer plus définitivement les discussions sur l’accès à l’alimentation et l’équité alimentaire dans le débat sur le logement, et de favoriser une approche holistique du logement à tous les niveaux de gouvernement.
Coalitions de soins : Construire un écosystème anticoncurrentiel de partenaires alimentaires communautaires Lucy Hinton
Cet article s’appuie sur une recherche primaire pour examiner l’établissement de relations entre les organismes alimentaires communautaires et ses effets sur le système alimentaire à London, en Ontario. Fondé sur une recherche collaborative avec Urban Roots, une organisation d’agriculture urbaine à but non lucratif qui distribue gratuitement une grande partie de ses produits, le chapitre explore la façon dont les groupes alimentaires communautaires de la ville cultivent des partenariats et des collaborations bienveillantes. Cette éthique de l’attention est particulièrement importante dans un contexte marqué par des asymétries de taille et de pouvoir des organisations, un environnement municipal qui n’est pas toujours propice au travail sur les systèmes alimentaires et un paysage concurrentiel pour l’obtention de subventions municipales limitées. Urban Roots établit et mobilise des partenariats afin d’éclairer son orientation stratégique, de consolider sa position en tant qu’organisation politiquement avant-gardiste et de mettre en œuvre les valeurs d’attention qui sont au cœur de sa mission. L’article soutient que la planification des systèmes alimentaires communautaires doit tenir compte de la dynamique relationnelle entre les organisations alimentaires communautaires dont les rôles, les capacités et les valeurs diffèrent, afin d’établir une base solide pour la sécurité alimentaire critique.
Revitaliser la forêt vivrière du parc écologique de GreenUp
Emi Habel
Dans cette présentation, je partage une étude de cas communautaire issue de mon stage au GreenUp’s Ecology Park à Peterborough/Nogojiwanong, où j’ai soutenu la phase suivante d’une forêt alimentaire comme réponse à l’insécurité alimentaire locale – offrant un accès gratuit et sans barrière à des aliments frais ainsi que des opportunités d’apprentissage informel, basé sur le lieu. Conçu à la fois comme une source de nourriture et un espace de partage des connaissances, le site invite les visiteurs du parc à s’intéresser à la manière dont les aliments sont cultivés, récoltés et soignés.
Établie à l’origine en 2014, l’emplacement initial de la forêt alimentaire s’est avéré trop ombragé pour permettre une croissance productive des arbres fruitiers et des arbustes. J’ai donc procédé à une évaluation du site et proposé un plan de relocalisation dans une zone plus ensoleillée et sous-utilisée du parc. Un jeune papayer (Asimina triloba) en bonne santé – un arbre fruitier indigène culturellement important – était déjà établi dans cet espace et est devenu un point d’ancrage vivant pour un jardin expérimental qui peut évoluer vers une forêt alimentaire renouvelée.
Pour explorer la plantation en couches tout en mettant l’accent sur les valeurs de la souveraineté alimentaire telles que la réciprocité, l’attention et l’alimentation partagée, j’ai mis en œuvre des méthodes de construction du sol à faible barrière, y compris le paillage et le compostage, et j’ai testé une petite polyculture très visible. Cette plantation s’est inspirée des enseignements des Trois Sœurs, adaptés à l’ampleur de l’emplacement : des courges comme couverture du sol et des haricots comme couche verticale, soutenus par des espèces compagnes pour améliorer la santé du sol et réduire la pression des ravageurs.
Je partage les observations de début de saison, y compris les succès, les défis et les adaptations clés, et j’esquisse des recommandations pour la surveillance continue, l’expansion et l’éducation de la communauté. Je conclus en positionnant la forêt alimentaire du parc écologique comme un modèle reproductible d’infrastructure de sécurité alimentaire urbaine, qui intègre l’accès à la nourriture à l’éducation publique, renforce les relations avec les terres locales et les espèces indigènes, et favorise une collaboration continue avec les détenteurs de savoirs indigènes et les partenaires communautaires.
Initiatives de soutien global à la Banque alimentaire d’Ottawa
Michaela Tokarski, Shannon Szkurhan
Entre 2019 et 2025, les agences membres de la Banque alimentaire d’Ottawa (BOA) ont connu une augmentation stupéfiante de 101 % du nombre de visites. Au cours de cette même période, la BAO a piloté des initiatives de soutien enveloppant (WASI) dans 6 centres de santé et de ressources communautaires, soutenant 13 banques alimentaires, dans le but de réduire la dépendance à l’égard des soutiens alimentaires d’urgence. Les services de soutien proposés par WASI comprennent l’aide à l’accès aux prestations financières directes (POSPH, OT, PFCE, remises sur l’énergie), les programmes qui fournissent des biens matériels (meubles, ordinateurs, sacs à dos, habits de neige), les organisations d’aide à l’établissement des immigrants, les services d’emploi, les soins de santé, les aides à la santé mentale, les conseils à court terme, la garde d’enfants, les programmes pour les enfants, le transport, la langue, l’aide juridique et l’aide au logement.
Nombreux sont ceux qui ont bénéficié des projets pilotes WASI de l’OFB, notamment ceux qui ont réduit leur besoin d’une banque alimentaire ou dont les visites à la banque alimentaire étaient moins urgentes, ceux qui se sont sentis plus proches de leurs communautés, ceux qui se sont sentis mieux équipés pour faire face aux défis quotidiens, et ceux qui ont reçu de l’aide pour accéder à des soutiens financiers. Plus de 80 % des personnes interrogées à l’issue de l’un des programmes pilotes ont eu accès à de nouvelles aides ou prestations auxquelles elles ne savaient pas qu’elles pouvaient prétendre, et 74 % d’entre elles connaissent mieux les ressources et les aides dont elles pourront bénéficier à l’avenir. Cette présentation comprend une base sur les initiatives de soutien global, y compris la façon dont les projets pilotes de l’OFB ont été initialement structurés, la théorie initiale du changement et les modèles logiques, et décrit ensuite la structure de la phase suivante de l’OFB WASI sur la base des enseignements tirés des sept premières années. Enfin, la présentation explore les complexités de l’évaluation des progrès de telles initiatives et le plan de l’OFB pour y parvenir.
Présentations - Pédagogie alimentaire critique et mouvements pour la justice alimentaire (Partie 1)
Pédagogie alimentaire critique et mouvements de justice alimentaire
Michael Classens, Kihan Yoon-Henderson
En réponse à la fois à l’inadéquation de l’enseignement conventionnel des systèmes alimentaires et à l’urgence de répondre à la polycrise mondiale comprenant la crise climatique, l’effondrement de la biodiversité, l’instabilité géopolitique, la violence structurelle et l’oppression, les spécialistes des systèmes alimentaires critiques ont développé une série d’approches qui mettent l’accent sur les questions de pouvoir et d’injustice. Il s’agit d’un choix explicitement politique d’engager la pédagogie dans des voies qui visent à transformer le système alimentaire. Les interventions récentes des chercheurs vont dans le sens d’une pratique de la pédagogie des systèmes alimentaires critiques dans laquelle la théorisation de la justice socio-écologique et de l’équité au sein des systèmes alimentaires informe directement les mouvements de transformation des systèmes alimentaires, à la fois sur le campus et en dehors de celui-ci. Les articles présentés dans ces sessions spéciales par des étudiants, des praticiens, des activistes et des universitaires explorent la manière dont la pédagogie est déployée sur le campus, et au-delà, au service de l’avancement des divers objectifs des mouvements pour la justice alimentaire, au sens large. L’objectif spécifique de ces articles comprend, sans s’y limiter, les éléments suivants les innovations (radicales) dans la pédagogie critique des systèmes alimentaires ; les solidarités au-delà du campus et les partenariats communauté-campus ; les innovations dans les pédagogies alimentaires communautaires ; les contributions de la pédagogie alimentaire dans le contexte de la gouvernance alimentaire locale ; et les paramètres (changeants) de la pédagogie alimentaire dans le contexte de l’instabilité géopolitique et de l’effondrement du climat.
Le potentiel pédagogique de la préfiguration : Comment et quoi apprennent les agents de changement alimentaire
Rebecca Laycock Pedersen
De nombreuses initiatives alimentaires axées sur la durabilité et la justice cherchent à mettre en œuvre des changements qui reflètent les futurs qu’elles visent à créer, plutôt que de s’appuyer sur la logique selon laquelle « la fin justifie les moyens ». De tels efforts sont communément conceptualisés comme préfiguratifs. Les pratiques préfiguratives sont riches en potentiel pédagogique, permettant aux gens de réimaginer des arrangements sociaux et économiques alternatifs tout en soutenant l’apprentissage et la requalification de pair à pair. Cependant, peu d’études empiriques ont été menées sur ce que les agents de changement apprennent au cours de ces processus. J’ai donc examiné l’apprentissage à travers différentes pratiques préfiguratives, en m’appuyant sur des entretiens avec des agents de changement impliqués dans des initiatives alimentaires à Calgary, au Canada, et à Malm√∂, en Suède. En utilisant une typologie des processus de préfiguration ainsi qu’un cadre de compétences en matière de durabilité, je présenterai les formes de préfiguration qui sont associées au développement de compétences particulières en matière de durabilité.
Des micro-ondes aux cuisines : L’infrastructure culinaire et la culture alimentaire critique sur les campus
Stephanie Chartrand, Mike Lawler
Cet article examine comment l’infrastructure culinaire façonne le développement d’une culture alimentaire critique sur les campus universitaires. En s’appuyant sur une étude de cas de la Coalition alimentaire de l’Université de Toronto, nous analysons les efforts déployés pendant un an pour mettre en place un programme de repas gratuits géré par les étudiants dans un contexte d’insécurité alimentaire croissante et d’accès limité à des espaces de cuisine fonctionnels. Nous soutenons que l’absence d’infrastructures culinaires accessibles au public limite l’apprentissage alimentaire expérientiel et communautaire et renforce les modèles transactionnels d’approvisionnement alimentaire des campus. À l’inverse, l’accès aux cuisines permet de développer une culture alimentaire critique grâce à des pratiques concrètes de préparation des aliments, d’approvisionnement collectif et de repas partagés, favorisant ainsi la compréhension socio-écologique, les réseaux sociaux et les capacités de défense des droits. En situant notre analyse dans le cadre de la recherche sur la culture alimentaire critique, nous démontrons comment les cuisines fonctionnent comme des conditions matérielles qui déterminent si les étudiants peuvent s’engager de manière significative dans les systèmes alimentaires des campus, apprendre d’eux et intervenir dans ces systèmes.
Réimaginer radicalement la responsabilité de la salle de classe de l’enseignement supérieur
Leanne De Souza-Kenney
Les systèmes alimentaires représentent des constructions complexes, transdisciplinaires, socioculturelles et géopolitiques qui sont à peine soutenues par des pressions dynamiques sans précédent. La salle de classe reste l’espace de possibilité le plus radical de l’académie (Hooks, 1994), tandis que le système bancaire de l’éducation (Freire, 1970) est tout sauf dangereux dans les salles de classe qui se concentrent sur la compréhension des systèmes alimentaires, en particulier lorsque les campus qui accueillent ces salles de classe, les communautés auxquelles appartiennent nos étudiants, et nos étudiants eux-mêmes, souffrent de conditions sociales solubles telles que l’insécurité alimentaire. Nous sommes à un point d’inflexion critique qui exige de réimaginer radicalement la responsabilité des universités dans les communautés. La conscience critique et la praxis significative doivent être mobilisées pour favoriser l’apprentissage qui s’aligne sur l’action au-delà de la salle de classe, afin de renforcer l’action des étudiants et des communautés auxquelles ils appartiennent. Les partenariats entre étudiants et communautés offrent une praxis pédagogique tangible pour co-concevoir et co-créer avec une empathie et une responsabilité radicales en tirant parti des programmes d’études, des ressources et des résultats de l’apprentissage.
L’alphabétisation alimentaire en tant que pédagogie alimentaire critique : Enseigner et apprendre dans le cadre et au-delà de la justice alimentaire
Jennifer Sumner
Si nous comprenons la pédagogie comme impliquant des processus d’enseignement et d’apprentissage, alors le développement de la culture alimentaire au sein et au-delà des mouvements de justice alimentaire est une forme de pédagogie alimentaire critique. C’est particulièrement vrai pour la littératie alimentaire critique, définie comme : un ensemble de compétences, de connaissances et de compréhensions qui (1) permettent aux individus de planifier, gérer, préparer et manger des aliments sains, culturellement appropriés et durables, tout en (2) leur permettant de comprendre les dynamiques sociopolitiques et écologiques plus larges du système alimentaire, et (3) leur donnant les moyens d’inciter à un changement socio-écologique au sein du système alimentaire (Classens et Sytsma, 2020, p. 10). Cette présentation décrira comment la culture alimentaire critique a été utilisée sur le campus et dans les communautés pour faire avancer les objectifs des mouvements de justice alimentaire et promouvoir la transformation des systèmes alimentaires.
Panel (CG) - Combler le fossé entre les zones rurales et urbaines : Le potentiel des plateformes alimentaires et des infrastructures de distribution alimentaire pour la transformation du système
Cette session réunit les membres du pilier rural-urbain du Réseau terrain d’entente en dialogue avec six panélistes provenant des régions rurales et urbaines du Canada. Nous profiterons d’une session interactive réunissant des expériences, des perspectives, des organisations et des contextes disparates afin de trouver un terrain d’entente concernant les défis émergents en matière d’infrastructure alimentaire, nécessaires pour soutenir des systèmes alimentaires justes, durables et sains. Les contributions des panélistes vont de la documentation d’expériences de coordination de centres alimentaires et de nouvelles chaînes d’approvisionnement alimentaire nordiques en Colombie-Britannique, en Ontario et à Terre-Neuve-et-Labrador, à l’évaluation critique des défis auxquels sont confrontées les grandes banques alimentaires urbaines, en passant par l’exploration des opportunités qui se présentent pour de nouvelles constellations de distribution alimentaire par le biais du nouveau programme national d’alimentation scolaire, et par le développement d’idées issues de la recherche sur les lacunes critiques qui empêchent la mise à l’échelle des agriculteurs locaux et écologiques et des réseaux alimentaires alternatifs. Les participants sont invités à se joindre à un dialogue continu afin de faciliter la collaboration intersectorielle nécessaire pour faire face aux limitations chroniques des ressources et construire un système alimentaire plus intégré.
Le potentiel de l’alimentation scolaire pour la transformation du système alimentaire Carolyn Webb, Heather Thoma
Infrastructure contre-hégémonique pour le changement des systèmes alimentaires Bryan Dale
La justice à la caisse : comment la vente de nourriture peut faire partie du mouvement alimentaire Sarah Crocker, Joshua Smee
Adaptation de la communauté aux réductions importantes des banques alimentaires Michaela Tokarski
Coordonner le Nord : Gouvernance de la chaîne de valeur pour l’approvisionnement alimentaire local dans le nord de l’Ontario Genevieve Sartor
Grandir et se connecter : Soutenir la coordination et la collaboration dans les systèmes alimentaires régionaux Damon Chouinard
Présentations - Rapport de l'école alimentaire
Plus d’informations à venir.
Présentations - Exploration des avancées technologiques des systèmes alimentaires
Perceptions du public canadien sur l’avenir de l’agriculture cellulaire et de l’agroalimentaire
Sarah-Louise Ruder, Rob Newell, Jofri Issac
Cette présentation exposera les résultats d’une enquête menée en 2025 sur l’agriculture cellulaire et les transitions des systèmes alimentaires, auprès d’un échantillon représentatif du public canadien (n=5 166). Nous avons enregistré à la fois les perceptions générales et l’acceptation de l’agriculture cellulaire, ainsi que les réponses à trois produits potentiels différents : filet de saumon issu de l’agriculture cellulaire, nuggets de poulet issu de l’agriculture cellulaire, et crème glacée issue de la fermentation laitière de précision. Outre les variables communes aux études de consommation sur les nouveaux aliments (par exemple, la volonté d’essayer/d’acheter), notre enquête explore les perceptions et les attitudes sur la transformation du système alimentaire au sens large et les visions de l’avenir de l’alimentation. Il est important d’appliquer cette perspective à l’intérêt de la communauté et de la société pour l’agriculture cellulaire afin de bien comprendre le soutien (ou l’absence de soutien) à l’agriculture cellulaire émergente en tant qu’industrie et son impact sur les systèmes alimentaires locaux et mondiaux. L’urgence du changement climatique et les valeurs environnementales sont des prédicteurs très significatifs de l’acceptation de l’agriculture cellulaire. L’effet des variables sociodémographiques et des habitudes alimentaires a également donné des résultats significatifs. Nous utilisons actuellement les résultats de l’analyse de notre enquête quantitative pour développer une étude de la méthode Q avec le personnel du gouvernement et des politiques au Canada afin de soutenir les transitions vers des systèmes alimentaires plus justes et plus durables.
Cultiver la souveraineté alimentaire des communautés dans l’agriculture en milieu contrôlé : Un examen approfondi
Luca Galler
Les unités d’agriculture en environnement contrôlé (AEC) sont de plus en plus encouragées en tant qu’élément de la réponse globale aux défis de la sécurité alimentaire dans les régions nordiques et éloignées du Canada. Ces systèmes utilisent des structures fermées (par exemple, des serres, des fermes intérieures, etc.) qui permettent de contrôler les conditions environnementales et de faire pousser les cultures tout au long de l’année. Les progrès des technologies CEA permettent d’augmenter la production dans de petits systèmes CEA qui sont largement compatibles avec les contraintes opérationnelles des communautés éloignées. Cependant, la plupart des systèmes CEA sont utilisés pour la production de feuilles vertes, ce qui peut ne pas correspondre aux préférences alimentaires, aux pratiques culturelles ou aux besoins diététiques définis par les communautés. En outre, les opérations d’ACE tendent à privilégier l’efficacité et la productivité, en accordant comparativement moins d’attention aux questions de pertinence, d’acceptabilité et de souveraineté alimentaire des cultures. S’appuyant sur une méthodologie d’examen de la portée, l’auteur résume la manière dont l’ACE a été utilisée ou proposée pour soutenir la production d’aliments conformes aux préférences des communautés et aux objectifs de souveraineté alimentaire, en mettant l’accent sur le nord de l’Amérique du Nord, qui connaît une saison de croissance extérieure limitée. Les résultats examinent comment les décisions relatives à l’infrastructure de l’ACE, à la gouvernance et à la sélection des cultures sont prises et quels sont les points de vue qui se reflètent dans ces processus. L’attention est portée sur la façon dont l’engagement communautaire, les aliments culturellement pertinents et le contrôle local de la production alimentaire sont abordés dans la littérature. En synthétisant les connaissances existantes et en identifiant les lacunes, ce travail vise à soutenir le dialogue entre les chercheurs, les décideurs politiques et les communautés. La présentation invite à une discussion sur la manière dont l’ACE peut aller au-delà d’une solution purement technologique pour s’orienter vers des approches relationnelles et communautaires qui renforcent les systèmes alimentaires équitables et durables.
Agriculture urbaine : Enracinée dans la communauté, cultivée pour l’avenir
Carey Yeoman
Le Barrett Centre of Innovation in Sustainable Urban Agriculture du Durham College fait progresser le secteur agroalimentaire de l’Ontario grâce à un modèle intégré de recherche appliquée fondé sur la pratique à la ferme urbaine Barrett. Nos travaux sont axés sur la production durable, le développement de systèmes alimentaires résilients, les politiques fondées sur des données probantes, ainsi que l’évaluation et le déploiement de technologies agricoles émergentes. Les initiatives actuelles font de la ferme un centre communautaire essentiel, axé sur le renforcement de la production alimentaire à petite échelle et localisée, le soutien des partenariats axés sur l’équité, la diversification des revenus des producteurs et l’optimisation de l’agrotechnologie pour l’éducation, le commerce et les avantages pour la communauté. La présentation mettra en lumière quatre domaines interdépendants de recherche et d’impact qui démontrent collectivement la valeur stratégique de l’agriculture urbaine en tant que plateforme d’innovation, de résilience communautaire et de stabilité au sein de systèmes alimentaires plus vastes.
1. La ferme urbaine Barrett en tant que laboratoire vivant : La ferme urbaine Barrett rend opérationnel un environnement de recherche appliquée qui intègre la production, la distribution et l’engagement communautaire. Les principaux résultats comprennent la modélisation de l’agriculture urbaine en tant que stabilisateur économique, l’essai de stratégies de diversification des revenus pour les petits producteurs et la démonstration de l’importance de l’apprentissage par l’expérience et de l’adoption précoce de l’agrotechnologie. Le site soutient également les partenariats axés sur l’équité et les espaces d’incubation accessibles aux étudiants et aux partenaires communautaires.
2. Recherche et innovation politique dans la région élargie du Golden Horseshoe. Les conclusions de Growing Opportunity : An Action Plan to Unleash the Economic Potential of Urban Agriculture in the Greater Golden Horseshoe (à paraître en mars 2026) éclairent les cadres de planification municipale et mettent en évidence l’adoption de politiques déjà en cours dans la région de Durham pour reproduire ce modèle.
3. Évaluation de l’agrotechnologie et préparation de la main-d’œuvre : Grâce à l’apprentissage intégré au travail et à la collaboration avec des partenaires d’innovation, le Centre procède à la validation du marché en temps réel, à l’évaluation de l’expérience des utilisateurs et à l’analyse de la durabilité des agrotechnologies émergentes.
4. Stratégie du système alimentaire de Durham (2025-2028) : En partenariat avec des organisations régionales, le Centre participe à l’élaboration d’une stratégie globale pour le système alimentaire, axée sur une définition commune des problèmes, une gouvernance à impact collectif, des interventions fondées sur des données probantes et le renforcement des capacités institutionnelles.
Présentations - Pédagogie alimentaire critique et mouvements pour la justice alimentaire (Partie 2)
Pédagogies alimentaires critiques basées sur la communauté dans la région du Grand Toronto
Kihan Yoon-Henderson
Le développement de pédagogies alimentaires critiques suscite un intérêt croissant, c’est-à-dire qu’il s’agit d’examiner en profondeur ce que nous enseignons et apprenons sur l’alimentation, et surtout comment nous le faisons, en vue de transformations durables et équitables des systèmes alimentaires (Sumner, 2016). Dans le même temps, on constate un regain d’intérêt pour le potentiel de l’agriculture urbaine à répondre aux besoins de la communauté en matière de sécurité alimentaire, tout en offrant une série d’autres avantages socio-écologiques. Les études géographiques critiques soulignent également les dimensions politiques explicitement spatialisées de l’agriculture urbaine communautaire. Cette présentation mettra en relation ces trois domaines d’intérêt – pédagogies alimentaires critiques, agriculture urbaine et études géographiques critiques – par le biais d’une étude de cas sur les fermes urbaines communautaires dans la région du Grand Toronto. Plus précisément, cette présentation mettra en évidence l’impact des pédagogies alimentaires critiques communautaires sur les mouvements en faveur d’un avenir urbain (et alimentaire) équitable et axé sur la justice.
Est-il possible de se contenter d’enseigner les études sur l’alimentation ? Faire le chemin en marchant à l’ère de la polycrise/permacrise
Michael Classens
La pédagogie alimentaire critique, bien que naissante, se trouve à un point d’inflexion forcé. L’ampleur et la profondeur de la polycrise / permacrise, combinées à l’austérité permanente et à la surenchère autoritaire dans le secteur postsecondaire, ont déstabilisé les ancrages conceptuels et pratiques du sous-domaine. En ces temps difficiles, je reviens à un universitaire dont le travail est fondamental pour la pédagogie alimentaire critique, Paulo Freire, et plus particulièrement à son travail en conversation avec Myles Horton. En réfléchissant avec Freire et Horton, j’explore les défis auxquels la pédagogie alimentaire critique est confrontée à l’heure actuelle, qu’ils soient existentiels, conceptuels ou pratiques. J’élargis ensuite la métaphore de Horton sur l’éducation bootlegged pour explorer les contours et l’utilité possible d’une pédagogie alimentaire bootlegged.
La recette du succès des programmes d’alphabétisation alimentaire : Une étude de cas au Québec
Alicia Martin
Les possibilités d’éducation à la littératie alimentaire sont de plus en plus importantes en raison de la nécessité croissante d’améliorer la durabilité des systèmes alimentaires et de lutter contre les taux élevés de maladies chroniques. Malgré ce besoin, l’éducation à la littératie alimentaire dans les écoles primaires et secondaires au Canada est largement facultative, à l’exception d’une éducation générale à la nutrition et de l’apprentissage du Guide alimentaire canadien. Pour combler cette lacune, plusieurs organisations à but non lucratif et des champions de l’éducation font preuve de créativité en matière d’alimentation et de systèmes alimentaires. Même si le Québec dispose d’une politique alimentaire qui promeut l’amélioration de la littératie alimentaire, c’est le cas au Québec, où la majorité de l’éducation à la littératie alimentaire va au-delà des attentes des programmes d’études de base. L’objectif de cette recherche était donc d’examiner la « recette du succès » des interventions en littératie alimentaire dans les écoles du Québec par le biais d’entrevues d’études de cas (n=16). Dans cette présentation, je discuterai des résultats d’entrevues semi-structurées menées auprès d’organisations et d’éducateurs clés en littératie alimentaire à travers la province. Les participants aux entrevues ont soulevé les éléments d’une recette de succès pour les programmes d’éducation à la littératie alimentaire, notamment le soutien administratif de l’école en question, le soutien aux éducateurs (p. ex. les ressources, y compris les aliments, les plans de cours), et l’intégration des aliments dans les programmes d’études a été notée comme manquante, mais comme un élément qui pourrait mieux soutenir l’éducation à la littératie alimentaire. Des obstacles majeurs ont également été identifiés, notamment une infrastructure inadéquate dans les écoles (par exemple, des salles de classe avec cuisine minimale ou dépassée, non conçues pour les enfants), une formation insuffisante du personnel pour savoir comment intégrer les aliments dans les plans de cours ou un manque de connaissances en matière de sécurité alimentaire, un manque d’intégration des aliments dans les programmes scolaires et des ressources minimales (c’est-à-dire des finances). Ces résultats serviront de base à la politique d’éducation à l’alimentation, notamment l’amélioration de l’inclusion de l’éducation à l’alimentation dans les programmes scolaires, l’amélioration de la conception des infrastructures scolaires, y compris des cuisines adaptées aux enfants, l’amélioration de la formation professionnelle des éducateurs et le soutien institutionnel à ces efforts.
Nourrir les agents du changement : Chefs engageant des étudiants post-secondaires non culinaires dans l’action de transformation des systèmes alimentaires
Jennifer Mitsche, Lori Stahlbrand, Miriam Streiman,Tate Novak
La durabilité des systèmes alimentaires est un exercice d’engagement ; et si nous considérons que le campus est en lui-même un site d’apprentissage utile plutôt qu’un simple site d’apprentissage (Orr, 1993), nous pouvons engager des milliers d’étudiants à faire bouger l’aiguille de la durabilité du système alimentaire du campus, tout en encourageant la curiosité et les compétences nécessaires pour poursuivre leurs efforts au-delà du campus. Cette présentation est un rapport sur l’action et les résultats des trois premières années du Communal Lunch Program, une initiative interdisciplinaire d’équité alimentaire, d’alphabétisation et de renforcement de la communauté lancée en 2023 à l’école polytechnique George Brown. Informé par l’engagement de chaque chef collaborateur dans la transformation des systèmes alimentaires, le programme a évolué en un réseau complexe de chefs, de professeurs et d’étudiants qui se réunissent chaque semaine pour des séances de cuisine informelles et des déjeuners communautaires, où les chefs et les étudiants en études alimentaires enseignent et soutiennent les étudiants non culinaires dans leur développement d’une culture alimentaire critique. En tant qu’organisme de collaboration, nous avons démontré la capacité de ce programme à engager joyeusement les étudiants dans une pédagogie expérimentale des systèmes alimentaires.
Apprendre, pratiquer et lutter pour la justice alimentaire
Nicole Graziano
L’injustice alimentaire est un problème persistant à Toronto, où les inégalités d’accès à une nourriture abordable et culturellement appropriée sont en augmentation. En réponse à cette situation, il existe un mouvement croissant d’organisations communautaires, telles que The Stop Community Food Center (The Stop) et FoodShare Toronto, qui opèrent en première ligne de la lutte pour la justice alimentaire dans la région du Grand Toronto. Ici, la pédagogie alimentaire critique apparaît comme une réponse importante pour les organisations communautaires confrontées à des gouvernements qui n’abordent pas la disjonction entre les engagements politiques et les réalités vécues. Bien que la pédagogie alimentaire critique offre un moyen prometteur de combler les lacunes en matière de gouvernance qui mènent à l’injustice alimentaire, son rôle au sein du travail communautaire demeure sous-exploré. Plus précisément, j’examine comment The Stop et Food Share Toronto comprennent et décrivent les problèmes de gouvernance auxquels ils sont confrontés et comment ils déploient l’éducation (ou plutôt la pédagogie alimentaire critique au sens large) en guise de réponse.
Session d'éducation du FSC - Intégrer l'équité dans votre organisation
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Projection de film - Agriculture urbaine, écho des voix afrodescendantes à Tiohtiá:ke
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